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Coral Harbour

Dans le cadre de l’élaboration des programmes de parcs du Nunavut, la Division des parcs et des endroits spéciaux du ministère de l’Environnement examine la faisabilité d’un projet prévoyant, d’une part, l’aménagement d’une ou plusieurs attractions dans l’agglomération de Coral Harbour, lesquelles constitueraient des points de mire pour la protection et la préservation du patrimoine naturel et culturel de la région et, d’autre part, l’enrichissement des possibilités de développement récréatif, touristique et économique.

Coral Harbour (Salliq) est reconnue comme la porte d’accès aux incroyables ressources fauniques — morses, bélugas, phoques, ours polaires, oiseaux migrateurs et autres — qu’offre l’île de Southampton, au nord de la baie d’Hudson. L’agglomération tire son nom des coraux fossilisés découverts dans le port ainsi que près du ruisseau Fossil. La faune de cette région procure non seulement l’inspiration, mais aussi les fournitures nécessaires à la création d’œuvres d’art et de produits d’artisanat, notamment de l’ivoire, des fanons de baleine et du phoque. En outre, Coral Harbour se trouve à proximité immédiate de refuges d’oiseaux migrateurs tels que le Refuge de la baie Est (soixante‑dix kilomètres à l’est) et le Refuge Harry Gibbons (cent quarante kilomètres au sud-ouest). Située à cent trente kilomètres au sud de Coral Harbour, l’île Coats offre également des possibilités pour l’observation d’oiseaux.

Dans les environs de Coral Harbour, on a recensé de possibles zones pour l’établissement de parcs, à savoir : les chutes Kirchoffer (quinze kilomètres à l’ouest), qui offrent un paysage et une faune remarquables (renards, caribous et harfangs des neiges) ; l’île North Coats/Bencas (cent cinquante kilomètres au sud), qui se distingue par sa faune, ses paysages et ses sites archéologiques ; de même que la pointe Native (soixante‑cinq kilomètres au sud‑est), un vaste site archéologique surnommé « la ville perdue Nord », lieu de résidence inuit de longue date qui a été fréquenté jusque dans les années 1960. Là se trouvent les vestiges d’anciennes huttes de terre érigées par les premiers habitants de l’île, membres du peuple Sallirmiut. À la fin du dix‑neuvième siècle, ces derniers ont croisé les chasseurs de baleine d’Europe et des États‑Unis, qui exploitaient les eaux côtières de l’île de Southampton. Décimés par les maladies, les Sallirmiut ont disparu en 1903, mais leurs légendes et les vestiges de leur campement à la pointe Native témoignent encore de leur culture. En 1924, un chasseur local a dirigé l’établissement d’un poste de traite de la Compagnie de la Baie d’Hudson sur l’île de Southampton, là où s’étend aujourd’hui Coral Harbour. Agissant comme pôle d’attraction pour les Inuits de toute la baie d’Hudson, ce poste s’est vite trouvé au cœur d’un établissement. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les États‑Unis ont installé là une base militaire qui a vu le va‑et-vient des avions pour l’Europe. Par la suite, la base a servi de dépôt pendant la construction des stations du réseau d’alerte avancé dans l’Extrême-Arctique.