• english
  • Inuktitut
  • Inuinnaqtun

Consignes de sécurité concernant les ours polaires

Un voyage au Nunavut vous entraîne dans le territoire de l’ours polaire. L’un des plus gros carnivores de la planète, l’ours polaire est robuste, rapide et agile sur la glace, sur la terre ferme et dans l’eau. La meilleure consigne de sécurité consiste à l’éviter.

Aire de distribution géographique de l’ours polaire

On trouve l’ours polaire sur tout le territoire qui s’étend de la banquise permanente et du littoral de l’océan Arctique et de l’archipel Arctique jusqu’au sud de la baie d’Hudson. L’animal vit essentiellement sur la glace de mer ou sur les quelques premiers kilomètres des bandes côtières. En été, il arpente souvent les rives, utilisant comme repères les pointes de terre et les îlots rocheux à proximité du littoral. Il s’aventure également dans l’arrière‑pays, parfois jusqu’à cent cinquante kilomètres de la côte.

Aire d’alimentation de l’ours polaire

l’automne, en hiver et au printemps, l’ours polaire chasse le phoque le long de la lisière de glace de mer, près des eaux libres et sur les crêtes formées par le soulèvement de la glace de mer. Il chasse aussi le phoque là où la glace de mer est mince ou fissurée, notamment dans les crevasses de marée qui se forment sur la banquise côtière ou encore au pied des glaciers.

Au printemps, la femelle et ses oursons chassent le phoque dans les aires de mise bas sises le long des crêtes formées par le soulèvement de la glace de mer ou encore près des crevasses qui se forment sur la banquise côtière, tout particulièrement dans les baies.

En été, la fonte de la glace de mer contraint l’ours polaire à demeurer sur la terre ferme. Il se nourrit alors d’oiseaux, d’œufs et de petits mammifères qu’il déniche le long du littoral, sur les plages ou sur les îlots rocheux à proximité de la côte. Par ailleurs, l’animal profite de tout ce qu’il trouve, y compris les carcasses d’animaux et les déchets humains.

Tanière de l’ours polaire

À l’automne, en hiver et au printemps, l’ours creuse sa tanière de parturition dans des congères situées le long des versants des collines et vallées côtières. Parfois, la tanière se trouve en hauteur, sur des champs de neige ou des glaciers. Une tanière d’ours ne se remarque pas, si ce n’est parfois par la présence de trous de ventilation ou encore de pistes d’ours indiquant un va‑et‑vient autour des congères.

En hiver, l’ours creuse des tanières temporaires et des caches dans des congères ou des crêtes formées par le soulèvement de la glace de mer. Ces endroits servent d’aires de repos ou d’abris temporaires contre les intempéries. En règle générale, l’ours y séjourne quelques jours, voire quelques mois.

En été, lorsque la mer devient libre et qu’il lui faut chercher asile sur la terre ferme, l’ours creuse des tanières dans des amoncellements de neige ou dans le pergélisol. Parfois, les tanières se trouvent en hauteur, sur des champs de neige et des glaciers ou dans des vallées attenantes. Là, l’animal reste au frais et à l’abri des insectes.

Pour éviter l’animal

Soyez vigilants ! Déplacez‑vous toujours en groupe (au moins quatre personnes). Par souci de sécurité, ne vous éloignez jamais de vos compagnons de voyage. Lorsque vous traversez le territoire de l’ours, faites du bruit afin de signaler votre présence. Voyagez toujours à la lumière du jour et surveillez attentivement les lieux. L’ours polaire est parfois difficile à repérer. Avec des jumelles, balayez régulièrement l’horizon. Évitez les zones où la visibilité est réduite, les crêtes formées par le soulèvement de la glace de mer, les blocs rocheux, le bois de grève ou les zones de végétation. Soyez à l’affût des pistes, des déjections et des signes de creusage.

Ne vous approchez jamais d’un ours. L’ours polaire protège son territoire et pourrait vous percevoir comme une menace. Ne nourrissez jamais les ours et les autres espèces sauvages. Un ours devient particulièrement dangereux s’il associe humains à nourriture. Ne vous approchez jamais d’une carcasse d’animal sauvage, car un ours pourrait rôder dans les parages. Éloignez‑vous sur‑le‑champ.

Si vous croisez un ours polaire

Il est possible que vous croisiez un ours polaire par hasard ou parce que l’animal est attiré par votre présence. L’ours polaire est curieux et peut chercher à examiner un objet inconnu ou à détecter la source d’une odeur ou d’un bruit étrange. En tout temps, gardez votre sang‑froid et évaluez la situation. Toute rencontre avec un ours polaire revêt un caractère singulier. Le discernement, le bon sens et la connaissance des comportements de l’animal sont vos atouts.

  • Ours curieux – Ne courez pas si l’ours perçoit votre présence et se montre curieux — par exemple, s’il avance lentement en faisant de fréquentes pauses, s’il se dresse sur ses pattes arrière et hume l’air, s’il garde la tête haute en portant ses oreilles vers l’avant ou vers le côté, s’il hoche la tête de gauche à droite ou encore s’il tente de saisir votre odeur en vous contournant sous le vent et en s’approchant par derrière. Reculez lentement. Parlez d’une voix grave pour que la bête reconnaisse que vous êtes un humain. Progressez lentement face au vent afin que l’ours ne puisse saisir votre odeur. Laissez toujours à l’animal une voie de fuite. Évitez de courir.
  • Ours sur la défensive – Ne courez pas si l’ours se fait surprendre à distance rapprochée ou s’il se montre agité ou menacé — par exemple, s’il souffle, halète, siffle, grogne, claque de la mâchoire, piétine le sol, vous regarde droit dans les yeux ou baisse la tête en portant ses oreilles vers l’arrière. Reculez lentement. Évitez de crier ou de poser des gestes brusques. Fuyez le regard de l’ours. Adoptez une attitude non menaçante. Préparez‑vous à recourir à des produits pour intimider la bête. Évitez de courir.
  • Ours prédateur – Ne courez pas si l’ours semble être à l’affût ou en chasse — par exemple, s’il vous suit ou vous encercle, s’il s’approche de vous en ligne droite, résolument et sans peur, s’il revient après que vous l’ayez effarouché ou encore si l’animal paraît blessé, âgé ou amaigri. Réunissez vos compagnons de voyage et faites du tapage. Préparez‑vous à recourir à des produits pour intimider la bête. Préparez vous à vous défendre. Évitez de courir.
  • Ours accompagné d’oursons – Ne vous interposez jamais entre une ourse et ses petits. Ne courez pas si vous croisez l’animal et ses rejetons. Réunissez vos compagnons de voyage et évacuez la zone sur‑le‑champ. Préparez vous à vous défendre en cas d’attaque.

Si un ours polaire vous attaque, emparez‑vous de la première arme venue pour vous défendre : pierre, bloc de glace, couteau, ski, bâton de ski ou autre.

Pour faire du camping en toute sécurité

Évitez de faire du camping sur une plage ou le long du littoral, car l’ours polaire arpente souvent les rives, utilisant comme repères les pointes de terre et les îlots rocheux à proximité du littoral. Évitez de faire du camping dans une vallée ou un col étroit, car l’ours risque d’emprunter cette voie pour traverser une péninsule ou passer d’une vallée à l’autre. Faites du camping dans l’arrière‑pays, sur les hauteurs, là où pourrez bien voir les environs. Avant d’établir votre campement, assurez‑vous que le site ne comporte aucune piste d’ours. Si un ours fréquente la zone, réimplantez votre campement ailleurs.

Veillez à ce que votre campement reste propre. Choisissez un point situé à au moins cent mètres de votre aire de sommeil en vue de cuisiner, laver les aliments et ranger la nourriture, les réchauds, les casseroles et autres accessoires de cuisine (y compris les vêtements portés au moment de cuisiner) ainsi que mettre de côté les déchets de table, les autres déchets et tous vos produits parfumés. Pour le rangement, optez pour des boîtes à l’épreuve des ours ou des contenants hermétiques. Rapportez les matières fécales ou enterrez‑les sous des pierres à l’écart des sentiers, à au moins cent mètres de votre campement et de toute source d’eau. Après utilisation, mettez tout votre papier hygiénique ou tous vos produits d’hygiène féminine dans un sac scellé que vous ajouterez à vos déchets. Rapportez tous vos déchets, y compris les restes de table et les emballages. Ne brûlez pas les emballages, car les odeurs alimentaires toujours présentes risquent d’attirer les ours. Ramassez toute nourriture ayant pu être renversée dans l’aire de préparation des aliments ou l’aire de repas. Aménagez vos aires de camping, de cuisine, de rangement et stockage des déchets de façon à toujours disposer d’une voie de fuite dégagée, pouvant servir en cas de rencontre avec un ours.

Ne dormez jamais à l’air libre sans vous abriter dans une tente. Ne dormez pas là où sont rangés des aliments dégageant de fortes odeurs ou toute forme de produit parfumé. Évitez de cuisiner ou de ranger des aliments ou des produits parfumés dans votre tente.

  • Systèmes d’avertissement – Les membres de votre groupe devraient tous connaître la marche à suivre s’ils croisent un ours, selon les circonstances propres à différents cas. Renseignez‑vous sur les systèmes d’avertissement et les produits servant à intimider les ours. Assurez‑vous de savoir quand et comment utiliser ces dispositifs, et ce, avant votre départ. Songez à amener et installer un système portatif de fil‑piège ou de détection des mouvements, capable de vous alerter de l’approche d’un ours polaire.
  • Produits servant à intimider les ours – Il existe des produits commerciaux servant à intimider les ours, qu’il s’agisse de dispositifs assourdissants, d’avertisseurs sonores à air ou encore « d’assommeurs d’ours » actionnés par un pistolet ou un crayon. Cependant, ces produits sont rarement disponibles dans l’Arctique. La plupart d’entre eux doivent être achetés ailleurs, puis amenés selon les dispositions visant le transport des marchandises dangereuses. Pour sa part, le gaz poivré saurait peut‑être repousser un ours polaire, mais son efficacité n’a pas fait l’objet d’essais approfondis. Sachez que le gaz poivré risque d’être inefficace s’il est froid ou humide.
  • Armes à feu – Renseignez‑vous auprès du personnel de Parcs du Nunavut pour connaître les règlements concernant le port et l’usage des armes à feu.
  • Chiens – Ne voyagez avec des chiens que s’ils ont clairement eu affaire à des ours polaires par le passé. Contenez vos chiens en tout temps. Plantez leur piquet sous le vent par rapport à votre aire de sommeil. Assurez‑vous de nettoyer les restes d’aliments pour chiens.

Situations d’urgence

La topographie, les conditions météorologiques et la disponibilité des aéronefs sont autant de facteurs pouvant restreindre les capacités de recherche et de sauvetage. Le Nunavut compte un nombre limité d’aéronefs. Les avions et hélicoptères sont rarement postés dans les petites agglomérations. Une mauvaise visibilité, des conditions météorologiques défavorables ou des vents violents risquent de retarder l’accès par voie aérienne, parfois de plus d’une journée. Les aéronefs ne peuvent se poser que si la sécurité du franchissement des obstacles est assurée.

Munissez‑vous d’un dispositif de communication d’urgence tel qu’un téléphone mobile GSN et initiez‑vous à son fonctionnement. Bien qu’il soit possible de louer ce type d’appareil au Nunavut, vous auriez avantage à vous le procurer à votre point de départ pour ensuite l’amener en voyage. Sachez que, sur place, la topographie des lieux et les conditions météorologiques risquent de gêner la réception. Dotez‑vous d’un appareil GPS pouvant guider vos déplacements et transmettre vos coordonnées exactes en cas d’urgence. Avant votre départ, veillez à vous familiariser avec le fonctionnement de votre équipement. Étant donné que le froid réduit la durée de vie des piles, tâchez de ranger l’équipement au chaud et de ne l’utiliser que quand il le faut.

Les coûts d’une opération de recherche et de sauvetage sont entièrement à la charge du visiteur.

Pour obtenir de l’information

Si vous craignez de ne pouvoir composer avec les ours polaires, songez à retenir les services d’un guide local. Renseignez‑vous sur la région que vous comptez visiter. Pour de plus amples détails, communiquez avec le Division des parcs et des aires de conservation ou la Division de la faune du ministère de l’Environnement du Nunavut. Sachez où et quand des ours polaires ont été vus, de façon à éviter les zones en question. Initiez‑vous aux types de zones que fréquentent les ours à différentes périodes de l’année. Renseignez‑vous sur les aires d’alimentation et de parturition des ours afin de pouvoir les éviter. Élaborez divers scénarios prévoyant la rencontre d’un ours, élaborez un plan pour chaque scénario et exercez‑vous à le mettre en œuvre. Si vous repérez des pistes ou d’autres signes de la présence d’un ours ou si vous croisez ou observez l’animal, avisez‑en dès que possible le personnel de Parcs du Nunavut ou les agents de la faune d’une agglomération.

Pour de plus amples renseignements sur les ours polaires, consultez la liste des ressources suggérées (ouvrages et documents visuels).