• english
  • Inuktitut
  • Inuinnaqtun

Sécurité des voyageurs

Planification de votre voyage

Veuillez lire le texte qui suit de la première à la dernière ligne, car il vous aidera à savoir à quoi vous attendre dans les parcs du Nunavut. L’information n’est pas approfondie et ne peut vous dispenser d’une bonne planification. Assurez‑vous de consulter d’autres sources de renseignements sur les déplacements et les espèces sauvages en milieu arctique.

Quiconque se déplace en milieu sauvage éloigné encourt toujours certains risques. Votre autonomie et votre sérieux seront garants de votre propre sécurité. Les coûts d’une opération de recherche et de sauvetage sont entièrement à la charge du visiteur. Pareille opération pourrait s’avérer ardue ou impossible dans certaines conditions. Votre survie en situation d’urgence dépendra de la qualité de votre préparation, notamment s’il faut réagir à des circonstances exceptionnelles liées aux conditions météorologiques, au franchissement des rivières ou aux espèces sauvages, notamment l’ours polaire.

Dès votre arrivée, le système obligatoire d’inscription et d’accueil général des parcs du Nunavut vous aidera à connaître le terrain à visiter. Demandez au personnel du parc de vous communiquer des renseignements précis en fonction du programme de votre visite. Faites preuve de souplesse, car il est possible que l’information reçue vous pousse à changer ce programme.

Si vous avez le moindre doute à propos de votre expérience ou de votre niveau de compétence, songez à retenir les services d’un guide ou d’un pourvoyeur local.

Posez‑vous les questions suivantes :

  • Suis‑je initié(e) aux déplacements en pleine nature dans l’Arctique ?
  • Suis‑je prêt(e) à m’aventurer sur le territoire de l’ours polaire en pleine connaissance des risques ?
  • Mes compétences en matière de premiers soins et de survie en pleine nature sont‑elles suffisantes pour assurer mon autonomie ?
  • Vais‑je voyager en compagnie de personnes formées et chevronnées ?
  • Ai‑je réuni l’équipement de camping, les cartes, le matériel de sécurité ainsi que les trousses de premiers soins et de réparation dont je risque d’avoir besoin ?
  • S’il le faut, suis‑je disposé(e) à réévaluer et changer mon programme de voyage ?
  • Ai‑je le discernement, la patience et l’humilité nécessaires pour affronter des conditions nouvelles ?
  • Ai‑je le loisir et les réserves nécessaires pour composer avec les délais imprévus qui pourraient survenir en cas d’intempérie, de crue des eaux, de retard d’un vol ou encore de retenue d’une navette maritime en raison de la marée ou d’eaux agitées ?
  • Ai‑je dressé un programme de rechange, prévoyant des activités dans les collectivités en cas d’impossibilité d’atteindre la destination prévue ?

Dans le Nord, de nombreux visiteurs sont friands d’excursions autoplanifiées en canot ou en kayak. Si c’est votre cas, il vous faudra une préparation, un savoir et du matériel spécialisés.

Avant d’entreprendre une excursion en canot ou en kayak au Nunavut, attardez‑vous aux questions suivantes:

  • Les méthodes de renforcement, de manœuvre, de surf de débarquement ou de lancement et d’auto‑sauvetage vous sont‑elles familières ?
  • Savez‑vous interpréter des cartes marines ou des annuaires des marées et sauriez‑vous les utiliser pour repérer des dangers en mer ?
  • Pour vos déplacements, savez‑vous mesurer votre relèvement géographique vrai et calculer votre position par triangulation ?
  • Savez‑vous naviguer dans le brouillard ?
  • Savez‑vous estimer la vitesse des courants et les angles de traversée selon des conditions qui varient ?
  • Êtes‑vous initié(e) aux déplacements en eaux vives, aux jupettes et aux vêtements isothermiques ?
  • Avez‑vous réuni les cartes et les rapports sur les rivières dont vous pourriez avoir besoin ?
  • Avez‑vous tenu compte de l’état des glaces, des marées et des niveaux d’eau susceptibles de
  • Avez‑vous songé à la taille de groupe la plus sûre en cas d’avarie à l’une de vos embarcations ?

Situation d’urgence

Portez du matériel adéquat et prenez toutes les précautions qui s’imposent afin de parer aux dangers qui pourraient vous guetter ou guetter les personnes chargées de vous secourir au besoin.

Réfléchissez aux éléments suivants :

  • Commandez longtemps à l’avance les cartes dont vous aurez besoin pour votre voyage. Ne comptez pas sur la possibilité de les dénicher à votre arrivée dans le Nord. Pour obtenir une liste de concessionnaires de cartes, informez‑vous auprès du Centre d’information topographique de Ressources naturelles Canada.
  • Munissez‑vous d’un dispositif de communication d’urgence tel qu’un téléphone mobile GSN et initiez‑vous à son fonctionnement. Bien qu’il soit possible de louer ce type d’appareil au Nunavut, vous auriez avantage à vous le procurer à votre point de départ pour ensuite l’amener en voyage. Sachez que, sur place, la topographie des lieux et les conditions météorologiques risquent de gêner la réception. Dotez‑vous d’un appareil GPS pouvant guider vos déplacements et transmettre vos coordonnées exactes en cas d’urgence.
  • Avant votre départ, veillez à vous familiariser avec le fonctionnement de votre équipement. Étant donné que le froid réduit la durée de vie des piles, tâchez de ranger l’équipement au chaud et de ne l’utiliser que quand il le faut.
  • Le Nunavut compte un nombre restreint d’aéronefs. Les avions et hélicoptères sont rarement postés dans les petites agglomérations. Une mauvaise visibilité, des conditions météorologiques défavorables ou des vents violents risquent de retarder l’accès par voie aérienne, parfois de plus d’une journée. Les aéronefs ne peuvent se poser que si la sécurité du franchissement des obstacles est assurée.

Conditions météorologiques

Dans l’Arctique, les hivers sont longs et froids et les étés, courts et frais. Partout au Nunavut, l’été s’accompagne de longues heures de clarté, mais en hiver certaines portions du territoire ne voient jamais le soleil se lever. En raison du raccourcissement marqué des jours et du froid extrême, il est très inhabituel de croiser des visiteurs en hiver, et ce, dans la plupart des régions du Nunavut. Seuls les voyageurs possédant des compétences et de l’équipement spécialisés devraient tenter de gagner le territoire en hiver.

En règle générale, le Nunavut est balayé toute l’année par des vents de quinze à vingt kilomètres heure. De la fin de l’été au début de l’hiver, les vents se font plus violents, pouvant brusquement atteindre des pointes de plus de cent kilomètres heure. En été, méfiez‑vous du sable poudreux ; en hiver, prenez garde aux conditions de voile blanc sur les surfaces enneigées.

Familiarisez­‑vous avec les signes et symptômes de l’hypothermie ainsi qu’avec les traitements appropriés. Apprenez à vous garder au sec et au chaud, à bien manger et à bien vous hydrater afin de prévenir l’hypothermie. En tout temps, assurez‑vous d’avoir beaucoup d’eau en vue d’éviter la déshydratation. Le gel et les précipitations de neige risquent de survenir à tout moment de l’année.

Réfléchissez bien aux vêtements à amener :

  • Toute l’année, il est de mise de se munir de gants à l’épreuve du vent, de couvre‑mitaines, d’un chapeau bien chaud, d’un foulard, d’un passe‑montagne ou cache‑col ainsi que de bas de laine.
  • Les variations de température et la pratique vigoureuse des activités de plein air requièrent le port de vêtements en couches. Revêtez d’abord des sous‑vêtements longs, puis ajoutez des couches sur le haut et le bas du corps.
  • Selon les conditions météorologiques, portez un gilet et un pantalon à l’épreuve du vent ou imper‑respirants.
  • Ne portez pas de vêtements en coton. S’il est mouillé par la pluie, la neige ou la sueur, ce tissu abaisse votre température interne, ce qui pourrait favoriser l’hypothermie.
  • Pour vous garder au chaud, amenez un parka muni d’un capuchon.
  • Munissez‑vous de bottes de randonnée robustes ainsi que de chaussures de course, à porter sur le site de votre campement. Amenez aussi des bottes en néoprène chaussées de semelles étanches, au cas où vous ayez à voyager sur l’eau ou à franchir des ruisseaux et des rivières.
  • Si vous empruntez une embarcation, vos pieds se trouveront à toucher la coque, là où d’ordinaire la température avoisine le point de congélation. Assurez‑vous de porter des bottes en caoutchouc isolantes ou encore des bottes en caoutchouc régulières surdimensionnées vous permettant d’enfiler plusieurs paires de bas de laine ou de bas duvetés.
  • Portez un chapeau et appliquez un écran à facteur élevé de protection solaire.
  • Afin de protéger vos yeux, portez des lunettes de soleil dotées d’un puissant filtre à ultra‑violet.

Franchissement des rivières

La profondeur des rivières et cours d’eau peut changer selon l’heure et la journée, ce qui pose un défi à qui veut les franchir en toute sécurité. Par ailleurs, l’eau des rivières du Nunavut est très froide, ce qui commande une prudence toute particulière lors du franchissement.

Les éléments suivants méritent d’être pris en compte :

  • Tâchez de franchir les rivières et cours d’eau importants en début de journée, surtout s’ils tirent leur source de glaciers. Les niveaux d’eau les plus bas sont souvent observés tôt le matin, au moment où les rayons du soleil frappent le moins intensément.
  • La pluie risque d’avoir une incidence énorme sur le débit des rivières et cours d’eau. La hausse du débit et des niveaux d’eau peut être tantôt immédiate, tantôt échelonnée sur quelques heures.
  • Si vous doutez de votre capacité de franchir une rivière ou un cours d’eau, attendez que le niveau d’eau baisse avant de tenter votre chance. Quelques heures ou jours d’attente seront parfois nécessaires avant que le débit ne diminue.
  • Parce que les rivières et cours d’eau changent sans cesse, il en va de même des points sûrs de franchissement. Dans chaque cas, vous aurez vous‑mêmes à évaluer la manœuvre en repérant le meilleur endroit, en amont ou en aval.
  • En terrain plat, les rivières ou cours d’eau sont souvent moins profonds si, pour une même section, l’on compte plusieurs bras plutôt qu’un unique chenal principal.
  • Au moment de franchir l’obstacle, desserrez les sangles de fixation à la taille et au thorax afin de pouvoir retirer rapidement votre sac à dos, au besoin.
  • Franchissez l’obstacle en groupe. Tenez‑vous par le bras afin de vous soutenir mutuellement. Empruntez une diagonale orientée vers l’amont, et confiez au membre le plus robuste du groupe la tâche d’ouvrir la voie.
  • Ayez recours à un bâton de ski ou un bâton de marche pour sonder la profondeur de l’eau et rester en équilibre lors de la traversée.
  • Enfilez des bottes en néoprène chaussées de semelles étanches afin de protéger vos pieds de l’eau froide et des galets tout en gardant vos bas et chaussures au sec.

Sécurité concernant les espèces sauvages

En règle générale, ne vous approchez pas des espèces sauvages et évitez tout contact avec les animaux. Selon la loi du Nunavut, il est interdit de toucher, nourrir ou détourner un animal sauvage. Pour de plus amples renseignements sur la pratique de la chasse et de la pêche à l’échelle du territoire, communiquez avec la Division de la faune du ministère de l’Environnement du Nunavut.

L’habitat de l’ours brun couvre la portion du Nunavut continental qui englobe la toundra prenant naissance sur la côte est de la baie d’Hudson. Dans ces contrées, tâchez de respecter les consignes de sécurité qui auraient cours en n’importe quel autre endroit fréquenté par l’animal. Pour obtenir des renseignements généraux sur la sécurité concernant les ours bruns, adressez‑vous au ministère des Ressources naturelles, de la Faune et du Développement économique des Territoires du Nord‑Ouest. Pour obtenir des renseignements propres aux ours bruns dans les parcs du Nunavut, communiquez avec la Division des parcs et des aires de conservation ou la Division de la faune du ministère de l’Environnement du Nunavut.

Lorsqu’il se sent menacé par l’humain, le bœuf musqué réagit parfois en chargeant et en tenant d’encorner, surtout s’il s’agit d’un mâle solitaire. Pour leur part, le morse et la baleine sont capables d’agressivité, et il leur est facile de faire chavirer une embarcation. La rage sévit dans tout le Nunavut, infectant surtout le renard, mais aussi le loup. Les oiseaux et les animaux sauvages n’hésiteront pas à fouiller dans les caches ou les déchets et à consommer les aliments à leur portée.

Insectes de l’Arctique

À l’instar de nombreuses contrées du nord du Canada, le Nunavut abrite des insectes piqueurs qui font sentir leur présence en été. La gravité du problème varie selon la région, mais il est préférable de se préparer convenablement.

Les trucs suivants devraient empêcher les insectes de vous importuner :

  • Si les insectes se font trop nombreux, tâchez de trouver un espace découvert ou une crête suffisamment élevée où le vent les repoussera.
  • Portez des vêtements de couleur pâle. Ceux‑ci attirent moins les insectes que les vêtements foncés.
  • Munissez‑vous de chemises à manches longues, de pantalons longs, d’un chapeau ou d’un gilet pare‑insectes ainsi que de produits répulsifs.
  • Si vous souffrez d’allergie aux piqûres d’abeille, veillez à amener vos propres médicaments. Les pharmacies sont rares au Nunavut, surtout dans les plus petits hameaux.
  • Vérifiez le bon état des moustiquaires et des fermetures à glissière de votre tente. Assurez‑vous d’avoir une trousse de réparation renfermant un nécessaire de rapiéçage des moustiquaires.

Déplacements ayant une incidence minimale

En raison du climat hostile et de la courte saison de croissance, la faune et la flore de l’Arctique sont très sensibles aux perturbations causées par l’humain. Faites en sorte que votre présence sur le territoire ait une incidence minimale.

Tâchez d’adopter les pratiques suivantes :

  • Respectez la faune et son habitat. Ne vous approchez jamais d’un animal sauvage, même pas pour prendre une photo. Évitez les aires de nidification, de mise bas et de parturition. De nombreux oiseaux arctiques nichent à terre ; soyez donc à l’affût des nids et des oisillons.
  • Laissez intacts les pierres, plantes et autres objets naturels que vous trouvez, notamment les crânes et les bois d’animaux. En plus de priver les autres visiteurs de votre découverte, la cueillette de tels objets pourrait constituer une infraction.
  • Abstenez‑vous d’ériger des cairns, de poser des balises ou de graver des messages sur le sol, car cela pourrait induire en erreur d’autres visiteurs et les mettre en danger. Ne détruisez‑pas les cairns que vous croisez et n’y portez pas atteinte, car certains de ces amoncellements de pierres ont une grande valeur sur le plan historique.
  • N’établissez pas votre campement sur des points d’intérêt qui s’apparentent à des sites archéologiques et ne retirez pas les pierres qui s’y trouvent. Les sites archéologiques sont d’importantes ressources culturelles qui nous renseignent sur la vie au Nunavut au fil des millénaires.
  • Déplacez‑vous sur des surfaces dures et dressez‑y votre campement, de façon à laisser le moins de traces possibles, surtout s’il s’agit d’un camp de base ou si vous voyagez en groupe.
  • Enfilez des souliers mous sur le site de votre campement. Non seulement serez‑vous plus confortables au terme d’une journée à chausser de lourdes bottes de randonnée, mais vous réduirez également l’incidence de votre passage sur le site de camp.
  • Évitez de faire du camping à proximité de zones de végétation fragiles. Ne creusez pas de tranchées autour des tentes et n’érigez pas de brise‑vent en pierres. Si vous avez recours à des pierres pour ancrer votre tente, remettez‑les à leur place avant votre départ.
  • Pour cuisiner, optez pour un réchaud de camping. La végétation ne devrait pas servir à faire des feux. Les lois concernant le transport des marchandises dangereuses vous contraignent à acheter sur place le combustible dont vous aurez besoin.
  • Veillez à amener des réserves suffisantes de nourriture, surtout des articles spécialisés comme des aliments séchés ou déshydratés. Conservez les aliments dans des sacs en plastique plutôt que dans des boîtes métalliques, des bouteilles ou du papier d’aluminium. Mesurez soigneusement les portions afin de ne pas laisser de restes susceptibles d’attirer les animaux. Évitez les aliments qui dégagent de fortes odeurs.
  • Rapportez tous vos déchets, y compris les restes de table et les emballages. Ne brûlez pas les emballages, car les odeurs alimentaires toujours présentes risquent d’attirer les ours. Ramassez toute nourriture ayant pu être renversée dans l’aire de préparation des aliments ou l’aire de repas. Ramassez les déchets des autres et signalez toute accumulation notable au personnel des parcs.
  • Évitez d’utiliser du savon. Si vous devez le faire, ayez recours à du savon biodégradable. Assurez‑vous de déverser les eaux usées à au moins cent mètres des emplacements de camping et des plans d’eau.
  • Rapportez les matières fécales ou enterrez‑les sous des pierres à l’écart des sentiers, à au moins cent mètres de votre campement et de toute source d’eau. Si vous voyagez en grand groupe ou si vous dressez un camp de base, creusez une chatière d’une profondeur d’environ quinze centimètres, distante d’au moins cent mètres de toute voie publique et de tout site de camp ou plan d’eau. Recouvrez la chatière après l’avoir utilisée afin de la camoufler et d’éviter que des animaux ne la déterrent. En zone côtière, si vous voyagez le long d’une étendue d’eau salée, il est acceptable d’enterrer les matières fécales dans un trou peu profond creusé sous la laisse de haute mer. Après utilisation, mettez tout votre papier hygiénique ou tous vos produits d’hygiène féminine dans un sac scellé que vous ajouterez à vos déchets.